Cinéma de science-fiction ou d’anticipation?


Minority report, Star trek, Avatar, le Cinquième Élément sont qualifiés de films de science-fiction. Ce que nous oublions bien souvent, c’est qu’un film de science-fiction est aussi qualifié de film d’anticipation. Anticipation est utilisé dans le sens d’une hypothèse de ce que pourrait-être le futur. Mais, après une analyse succincte, il serait possible d’imaginer une autre définition du film d’anticipation : démocratiser des technologies expérimentales d’aujourd’hui dans un futur plus ou moins proche.

Le cinéma a le don de tout imaginer, de n’avoir aucune limite et de pouvoir tout fabriquer sans aucun complexe. Des batteries de scénaristes travaillent par équipes pour concevoir un futur défiant toutes les règles et bouleversant tous les codes. Ont-ils un réel talent ou sont-ils simplement très attentifs à tout ce qui se passe autour d’eux ?

Qui n’a jamais rêvé de se servir des écrans transparents ultrafins de Minority Report ou bien des téléporteurs de Star Trek ? Comment des scénaristes ont-ils pu imaginer le principe de la téléportation ?

Téléportation quantique, écran OLED et bien d’autres technologies de demain sont en réalité à la source de ces films. De nombreux chercheurs du centre du CERN (Conseil Européen pour la Recherche Nucléaire renommé en Organisation Européenne pour la Recherche Nucléaire) travaillent actuellement sur l’intrication des photons, fondement de la théorie de la téléportation quantique (et inspiration de la téléportation humaine). Même si aujourd’hui la téléportation d’objets ou d’êtres humains reste encore un rêve, de nombreuses recherches sur l’intrication des photons permettent d’imaginer des centaines d’applications auxquelles le cinéma pourrait donner vie.

Qu’est-ce que l’intrication des photons ?

Pour exprimer de manière très simple la théorie de la téléportation quantique, il faut remonter à la découverte du prix Nobel Serge Haroche, point de départ de toutes les recherches dans ce domaine. Monsieur Haroche a découvert comment emprisonner et compter les photons afin de pouvoir les soumettre à des mesures et des expériences.

L ‘expérience à la base de toutes les théories les plus folles de la téléportation consiste à enfermer deux photons intriqués (ou jumeaux, ces deux photons sont identiques et liés) dans des boites à photon distinctes. Ses photons sont écartés l’un de l’autre par l’intermédiaire de fibres optiques. Si une modification des propriétés du premier est réalisée, le second prendra quasi instantanément (plus rapide que la précision de tous les appareils de mesure les plus précis) les mêmes propriétés. Cela a été constaté notamment par une inversion du sens de rotation ou « spin ». Le premier photon tourne dans un sens puis est soumis à un faisceau laser. Son sens de rotation s’inverse et le second, situé jusqu’à vingt-cinq kilomètres du premier, change de sens également.

La téléportation, un rêve ? Bien évidemment, ce dispositif est expérimental et le phénomène n’est toujours pas parfaitement définit et expliqué, mais il permet de nourrir de l’imagination de nombreux scénaristes outre atlantique.

La météorologie et le cinéma

Lorsque nous analysons le contenu du film « Le jour d’après », la plupart des catastrophes mises en avant sont réalistes et basées sur les analyses de grands climatologues reconnus.

Minority Report

Le synopsis du film est fondé sur un monde sans crimes car le ministère de la Justice est capable de prévenir, détecter et de réprimer les crimes avant qu’ils ne soient commis. Fiction ou anticipation ?

De nombreuses recherches ont été réalisées sur le guidage par la pensée de bras robotiques (pour les personnes handicapés ayant perdu l’usage de leur bras) en branchant des capteurs directement sur le cerveau du sujet. Ce capteur est donc capable d’interpréter les pensées de son hôte et de les communiquer à une machine.

Depuis plusieurs décennies, de nombreux chercheurs ont étudiés les signaux émis par notre cerveau afin de pouvoir les cataloguer et les simuler. Pour le moment, les capteurs servant à transcrire les signaux émis par le cerveau en ordres pour guider les membres artificiels sont encombrants et onéreux. Mais que se passerait-il si cette technologie, si cette innovation devenait accessible au plus grand nombre ? Pourrions-nous savoir à l’avance ce qu’une personne équipée de ce système pense? Pourrions-nous nous introduire dans ses moindres pensées ? Les scénaristes ont-ils entendu parler de cette technologie ou cela est-il sorti de leur imagination ? Nous ne saurons jamais mais le guidage d’un robot par la pensée existe déjà depuis de nombreuses années.

Concernant les écrans tactiles de l’épaisseur d’une vitre vus dans ce même film, les premières recherches sont nées en 1970 et lancée par Nick Sheridon (chercheur pour Xerox) et les premiers prototypes sont sortis du Media Lab du MIT (en partenariat avec Xerox) en 1998. Les scénaristes de Minority Report ont-ils donc eu un trait de génie ou ont-ils simplement imaginé une application future d’un produit existant ?

 

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