Collaboratif, de l’utilité à la bulle ?


Airbnb, Comuto/BlablaCar, BuzzCar, couchsurfing.org, lamachineduvoisin.fr… ces entreprises, vous les connaissez. Ce sont certaines des nouvelles stars du web. 

Vieille comme le monde et les relations entre hommes, la collaboration interpersonnelle prend une autre dimension grâce au web. Les volumes d’utilisateurs, les évolutions de modes de vie et les avancées logicielles et web permettent enfin de créer des modèles viables, performants, agréables. De belles startups se sont donc emparées du créneau.

La première entreprise avec une activité significative en France fut Comuto, avec son service covoiturage.fr, lancé en 2004 par des fondus de covoiturage et d’internet. Véritable succès dans l’hexagone : 3 millions de trajets sont effectués via le site chaque année.

D’autres secteurs s’étaient intéressés à ce type de consommation, en France ou à l’étranger. Ainsi les globe-trotters ont pu profiter des services de couchSurfing.org. Facile, instinctif, ce service met en relation de généreuses personnes disposant d’un canapé ou d’un lit disponible et des voyageurs désireux de dormir chez l’habitant, profitant ainsi d’un toit gratuit et de la convivialité locale. Déjà traité dans un précédent article, Airbnb va également assez loin dans les modèles collaboratifs. Avec une valorisation dépassant le milliard de dollars, l’entreprise n’est plus une start-up.  Elle permet à des voyageurs de louer, moyennant une somme raisonnable, une chambre ou un studio chez un particulier. Économies parfois substantielles par rapport à l’hôtel ou l’auberge de jeunesse pour le voyageur, source de revenu complémentaire pour le propriétaire. La convivialité en plus !

La portée de l’entreprise commence à être vraiment importante, avec 10 millions de nuitées facturées entre particuliers depuis la création de l’entreprise en 2006.

En France, des start-up ont également émergé sur cette tendance au partage intelligent. Ainsi BuzzCar permet de partager sa voiture avec ses voisins.

Plus décalé, le concept de lamachineduvoisin.fr va assez loin. Car grâce à son service, chaque particulier peut proposer à ses voisins de partager son lave-linge ! Pratique pour les étudiants en mal d’équipement…

De nombreuses autres start-up hexagonales se sont créées ces dernières années, ou mois, sur de tels créneaux.

Devant un tel engouement, l’inévitable question qui se pose est celle de la rationalité. Le partage de ressources (temps, véhicules, pièces à vivre, matériel, etc) a une utilité véritable. Il répond à des problématiques de développement durable/consommation responsable, d’économies ou de revenus complémentaires, ainsi que de (re)création du lien social, entre voisins ou entre cultures.

Mais voir des dizaines de start-up se lancer sur des créneaux identiques ou très proches (on ne compte plus le nombre de sites web de covoiturage) ne peut que laisser pantois.

Évidemment, une sélection naturelle s’opère, avec la rapide éviction des moins sérieux ou des moins bien dotés (en ressources humaines, financières ou techniques). Mais en attendant, les investisseurs qui financent ces sociétés voient certaines valorisations s’envoler (exemple d’Airbnb), et financent parfois des équipes uniquement armées d’un concept bien rodé.

Parler de bulle serait exagéré. Mais comme les réseaux sociaux, comme les applications mobiles ou les plateformes de transfert d’argent, il y a là un véritable phénomène de mode. Et comme chacun sait, la mode est faite pour être démodée…

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