BlablaCar et Critéo : l’histoire de deux success stories Made In France


Les deux success stories du web français de ces dix dernières années, Critéo et BlablaCar, se sont réunis dans les mêmes locaux du neuvième arrondissement de Paris (10 000 mètres carré). Récit de notre rencontre avec la responsable communication (first employee) de BlablaCar et du co-fondateur de Critéo, Romain Niccoli.

Comment BlablaCar est devenu le premier site de covoiturage au monde

Nous avons d’abord été accueillis par Laure Wagner, directrice de la communication et premier employé de Blablacar. Laure a répondu à nos questions notamment sur les origines de cette fabuleuse société.

L’idée vint au fondateur, Frédéric Mazzella, lors d’une impossibilité de prendre le seul train qui lui permettait de rentrer voir sa famille pour les fêtes de Noël. Dés lors, celui-ci chercha sans succès des covoiturages sur les sites existants et finit par se faire amener par sa sœur. S’en suivirent 3 nuits blanches durant lesquelles il imagina ce qui allait devenir le plus grand site de covoiturage au monde.

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Ainsi, cet ancien Normalien en physique, qui s’est fait les dents en informatique lors d’une année d’étude à Stanford où il s’est retrouvé à coder pour la NASA, se lance seul dans la création du site web covoiturage.fr. Il imagine de nombreuses features : le système de notation des conducteurs, les avis pour rassurer les clients inquiets, le modèle et la photo des véhicules afin que l’on puisse choisir le confort désiré, ou encore la possibilité de choisir une voiture fumeur/non fumeur, bavard/non bavard. C’est grâce à toutes ces caractéristiques qu’il a pu se démarquer des autres concurrents déjà présents et qui n’arrivaient pas vraiment à séduire plus qu’un petit cercle d’early adopters.

Il est à noter que Frédéric Mazzella n’a pas effectué d’étude de marché. Il a lancé son site entièrement créé seul, puis s’est associé avec un développeur d’application (le numéro deux de Blablacar).

Aujourd’hui, Blablacar est implanté dans 14 Pays avec plus de 10 millions de membres et compte plus de deux cents employés avec de bonnes perspectives d’embauche sur l’année prochaine (environ une centaine). Leur dernière levée de fond s’élève à 100 millions de dollars afin de s’implanter à l’étranger. Laure nous a d’ailleurs fait part des trois stratégies utilisées par BlaBlaCar pour s’étendre à l’étranger, à savoir : le rachat de structures type start-up déjà existantes, l’envoi d’employés de Blablacar à l’étranger afin de créer une filiale et enfin la création « from scratch » à l’étranger. Elle nous a bien notifié que cette dernière option était désastreuse et que la première option était de loin la meilleure et la plus simple. Racheter une startup permet de bénéficier d’une structure déjà créée et d’un accès à une équipe très motivée, partageant le même état d’esprit.

Nous avons fini par la visite des locaux de Blablacar, structurés par grande fonction et par pays. On a notamment pu apercevoir le fondateur du site de covoiturage, Frédéric Mazzela, qui nous est apparu encore une fois comme un patron très disponible, au plus proche de ses employés.

Comment Critéo a t-il fini par trouver son business model

Nous avons ensuite été accueilli chez Critéo par Romain Niccoli, co-fondateur et CTO de Critéo. La visite de l’entreprise nous a permis de voir à quoi ressemble une entreprise technologique, avec 40% des employés travaillant sur de la R&D. Les tableaux scrum sont partout et on peut suivre sur écran qui bosse sur quoi et à quel stade en est la tâche accomplie.

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Romain Niccoli est revenu avec nous sur les origines de l’entreprise.

Critéo ce fut d’abord un algorithme mathématique développé par Romain Niccoli et Franck Le Ouay, deux ingénieurs de l’Ecole des Mines (partenaire du master MTI), alors incubé chez Agoranov. Par hasard ils ont rencontré Jean-Baptiste Rudelle qui bossait sur un projet similaire.

Ils ont ensemble commencé à chercher comment leur algorithme pourrait être utilisé par des clients. Plusieurs hypothèses ont été expérimentées, notamment une API à destination des sites internet souhaitant recommander des produits à leurs clients sur la base de leurs précédents achats (à l’image de ce que fait Amazon). Ils ont également testé un site en propre de recommandation de tous types de produits et contenus. Par exemple, avoir la possibilité de suggérer des films en fonction des autres films visités. Problème : cela aurait rapidement ressemblé à un nouveau Google…

Dans leur processus de recherche d’un segment de clients, pouvant être intéressé par leur algorithme, les fondateurs de Criteo ont alors exploré l’hypothèse de la publicité et plus précisément du Display. 

Ils ont alors fait un test en achetant 10 000 euros d’espace publicitaire pour le compte d’un e-commerçant. En fonction de l’historique des visites de l’utilisateur, Critéo recommandait des produits via cet espace publicitaire. Dans le cas où le visiteur n’avait jamais visité le site e-commerce, la publicité était aléatoire. L’opération a été négative avec seulement 3000 euros de revenus générés sur les 10 000 investis.
Néanmoins en analysant les datas résultant de ce test, ils se sont rendus compte que la conversion était extraordinaire lorsque le client avait déjà visité le produit recommandé. Il ne fallait donc acheter l’espace publicitaire pour le client e-commerçant, que lorsque le visiteur avait déjà visité le site en question. L’identification de ce pattern a été le déclic vers une proposition de valeur aujourd’hui bien connue, le retargetting personnalisé.

Aujourd’hui Critéo compte 1000 employés et réussit à générer 12 milliards de $ de revenus pour ses clients.

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