Des étudiants en innovation scénarisent les options de stratégie digitale de CACIB à horizon 2025


Appuyés par l’équipe IDEA, des étudiants en Management de la Technologie de l’Innovation ont réfléchi à la stratégie d’innovation de CACIB (Crédit Agricole Corporate and Investment Bank), d’ici à 2025. Retour sur cette étude de prospective, posant un nouveau regard sur les acteurs non-bancaires …

Et si vous vouliez envisager l’environnement dans lequel évoluera CACIB en 2025, et surtout définir la bonne stratégie à mettre en place aujourd’hui pour anticiper ces changements ? Pur exercice de fiction diriez-vous ? A cette question, les élèves du Master de Management de la Technologie et de l’Innovation (MTI)[1] dispensé par Paris Dauphine, Mines Paris Tech et l’INSTN, vous répondent : bel exercice de « prospective technologique »[2]. Cédric Cordone et Virginie Coll, tous deux étudiants du MTI, ont ainsi approfondi cette question à l’occasion d’une étude de prospective technologique* de quatre mois, menée pour Crédit Agricole CIB.

Le sujet d’étude

Les nouvelles technologies comme la Blockchain, l’Intelligence Artificielle, le Big Data transforment aujourd’hui l’environnement de travail, les processus, les relations avec les clients. Elles permettent également l’arrivée de nouveaux entrants que sont les Fintech / Regtech et autres start-up technologiques qui sont à la fois sources d’inspiration, d’opportunités et de menaces. L’enjeu de CACIB est de réussir cette transformation digitale tout en s’adaptant continuellement à un environnement changeant. La question posée aux étudiants : Quelles parts des activités de CACIB seront digitalisées d’ici 2025 ? Quelle meilleure stratégie mettre en place face aux divers scénarios d’évolution possibles ?

A partir d’une étude bibliographique très poussée, d’interviewes des différents acteurs, l’étude a permis de détailler 4 scénarios de contexte d’ici 2025 et 2030 :

  1. Un scénario de décroissance des Fintech avec des désillusions concernant la maturité des technologies et l’éclatement de la bulle Fintech
  2. Un scénario de continuité (le plus probable), avec des cas d’usage côté technologie éprouvés, un « laissé faire » réglementaire favorable aux Fintech et une stabilisation de la réglementation côté BFI (Banques de Financement et d’Investissement)
  3. Un scénario d’expansion des Fintech avec des technologies à maturité, des statuts allégés favorables aux Fintech et un rythme inflationniste de la régulation côté BFI
  4. Un scénario de libéralisation du marché ou scénario de rupture, avec une auto-responsabilisation du marché et une autorégulation des acteurs aboutissant à une forte horizontalisation de l’univers BFI

En fonction des leviers à disposition de CACIB, l’exercice a permis d’identifier 4 stratégies possibles :

  1. Une stratégie de fermeture ou « closed strategy », qui consiste à mener des projets de recherche uniquement à partir de ressources internes selon un processus linéaire et permettant une maîtrise de la propriété intellectuelle
  2. Une stratégie « make or buy », consistant à se concentrer uniquement sur ce que l’on sait faire de mieux et à externaliser aux start-up les autres processus technologiques
  3. Une stratégie de co-développement qui consiste à créer des partenariats ouverts et poussés avec les FinTechs
  4. Une stratégie de fintegration, prévoyant un changement de business model dans lequel CACIB devient une plateforme technologique inter connectée avec les start-up (=assembleur de solutions).

Quelle conclusion pour CACIB ?

La recommandation de l’étude est de privilégier une stratégie de co-développement poussé à l’horizon 2025. Elle consiste à sélectionner des Fintech partenaires dans le but de co-développer des produits et services sur mesure, innovants d’un point de vue technologique mais aussi dans leur approche du marché (ex : plateformes, commercialisation via des BFI concurrentes, branding). Le facteur clef de réussite de cette évolution sera d’établir un cadre de travail efficace et adapté avec les partenaires et un accompagnement des équipes internes dans leur apprentissage de ces modes de collaboration.

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*« L’avenir ne se prévoit pas, il se prépare », écrivit le philosophe Maurice Blondel.

Si la prévision est l‘appréciation de l’évolution d’un phénomène dans une seule direction, le plus souvent en prolongement de la trajectoire passée, la prospective conduit à un ensemble d’hypothèses fondées de manière scientifique sur les choix et les problèmes d’avenir. Elle permet une projection dans plusieurs directions selon différents scénarios. Elle fournit enfin une aide à la décision en déterminant la meilleure stratégie à mettre en place en fonction de ces scénarios.

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[1] http://master-mti.fr/

[2] Méthode : Nathalie Popiolek, Prospective Technologique, EDP Sciences – Collection : PROfil – avril 2015.

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Virginie Coll

Virginie Coll

Ayant plus de 10 ans d’expérience dans la gestion de projets, je suis convaincue des liens étroits entre innovation, technologie, digital et développement durable, notamment sur comment les nouvelles technologies vont nous aider à répondre aux nouveaux besoins de la société et vont contribuer à l’émergence de nouveaux business models.

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