FinTech 3.5 : le Mobile Banking, ou un système économique alternatif en Afrique


  Souvent discutées, les FinTechs (ou Financial Technologies) innovent de par leur influence dans le paysage financier (Finance et investissement, opération financière interne, management des risques, paiements et infrastructures, sécurité des données et monétisation, l’interface du consommateur) dans les pays à fort PIB. Cependant ce mouvement, caractérisé différemment dans des régions en développements comme en Afrique avec les FinTechs 3.5, créer une  nouvelle dynamique, dont le Mobile Banking participe activement.

Introduction

Figure 1 – Évolution du PIB entre les différentes régions du monde

               Les FinTechs ou Financial Technologies se réfèrent à l’utilisation de technologies pour répondre/apporter des solutions à des problèmes financiers, le terme en lui-même est récent (formulé dans les années 90), mais le principe auquel il s’attache n’est pas nouveau, et intervient sous plusieurs versions durant l’histoire. [1]

               Le mobile banking fait partie intégrante du mouvement des FinTech 3.5 s’inscrit en même temps que l’apparition des FinTech 3.0. Alors que les FinTechs 3.0 émergeaient afin de répondre à des problèmes économiques précis (suivant la crise des subprimes de 2007-2008) [1], la situation fut différente en Asie et en Afrique, où le développement de FinTechs fut uniquement dans l’optique d’une poursuite de développement économique. [1, 2]

              Plusieurs technologies furent expérimentées en Asie  (plateformes API à Singapour, plateformes BAAS…)  pour palier à un accès limité aux services financiers (45% de la population en Asie contre 95% en France) [3], quand l’Afrique ne disposait que de 30 % de sa population à posséder un compte bancaire, néanmoins ce dernier a su modifier considérablement l’environnement économique, voire le système de plusieurs pays en Afrique, par le mobile Banking.

               Depuis les années 70 et surtout milieu années 90, une large partie des pays de l’Afrique Sub-Saharienne (SS) a connu une croissance forte. En cause, différents facteurs [4, 5] : renforcement de la politique macroéconomique (renforcement politique fiscale, limitation de l’inflation, libéralisation des échanges, etc…), régulations de réformes, participation de l’État dans l’activité économique, augmentation des dépenses de capital, découverte de nouvelles ressources (nouveaux gisements pétroliers au Burkina Faso, Éthiopie, Mozambique, Rwanda, et Uganda), réduction des conflits armés, amélioration de la performance du secteur financier et des capacités institutionnelles. Ces mesures ont permis à la majorité des pays de l’Afrique SS de résister plus facilement à la crise de 2007.

           Figure 2 – Solidité financière et accessibilité aux services financiers en 2010

               Mais malgré ces efforts, la majorité des personnes n’avaient pas accès aux services bancaires (20% des familles possédaient un compte bancaire en Afrique SS), causant une infrastructure déficiente (1 banque pour 100 000 personnes en Afrique SS, contre 1/100 en Espagne), le taux de pénétration des institutions de dépôt le plus faible (16,5% contre 63,5% pour les pays développés). D’autres facteurs tels une inaccessibilité/isolation géographique, analphabétisme, expliquaient des coûts de services bancaires très élevés (et en augmentation) et contribuaient à perpétuer le cercle vicieux. [6-8]

               Afin que la majeure partie de la population africaine puisse communiquer malgré l’isolation géographique, une pénétration très importante de la téléphonie mobile entre 2003 et 2009 (croissance annuelle du mobile entre 30% et 50% en Afrique), entraîne une baisse des prix colossale de la 2G dans la même période (de 150 $ en 2003 à 75 $ en 2008). [9-10]. Cependant malgré la connectivité téléphonique croissante en Afrique, les services bancaires restaient élevés. Il était alors nécessaire de créer de nouvelles structures. Voyant dans le mobile un moyen de toucher des clients physiquement isolés et d’offrir une immédiateté de services, l’efficacité et la sécurité, certains acteurs ont développé des plateformes bancaires répondant à ces problématiques. Le mobile banking était né.

Son principe était simple et reposait sur 4 principaux points ou fonctionnalités : [11]

  • La carte SIM (ou Subscriber Identity Module) à l’intérieur de tout téléphone GSM étant considérée comme une smartcard (tout comme les cartes bancaires virtuelles). Elle peut stocker un code PIN bancaire et donc fonctionner comme une carte bancaire virtuelle.
  • Le mobile peut servir de terminal de point de vente, faire des transactions ou communiquer auprès d’institutions bancaires pour autorisation de transaction, ce qui est identique et couramment utilisé pour les actions d’achat.
  • Le mobile peut être utilisé comme un distributeur de monnaie (ATM), sachant qu’un terminal de point de vente est nécessaire pour payer un bien/service, et que l’on considère l’accès aux économies comme des biens/services, alors on peut supposer que le terminal de notre mobile est une plateforme de collection et de distribution de monnaie ou ATM.
  • Le mobile peut être un terminal bancaire en ligne car il propose 2 services caractéristiques : l’accès instantané à n’importe quel compte bancaire et la capacité de faire des paiements et des transferts.

 

Le cas M-Pesa : La success-story kényane

Jusqu’alors, seulement 19% de la population kenyane avait accès à des services bancaires courants via un compte bancaire, et la majorité d’entre eux se situait dans des zones urbaines.

M-Pesa fut implémenté par Safaricom, le plus gros opérateur mobile du Kenya en 2007, sur des principes de fonctionnement simples : [12]

  • Lors d’un dépôt d’argent à des points-boutiques qui utilisaient M-Pesa, le client devait fournir la documentation sur son identité et l’appartenance de forfait mobile M-Pesa ainsi que la somme à déposer. L’agent se chargeait d’entrer le numéro du déposant qui recevait dans la minute un SMS de confirmation de dépôt.
  • Pour un paiement, le client devait se rendre à une boutique M-Pesa, s’identifier, entrer le montant à dépenser (+ taxe) et entrer le numéro du commerçant à payer. L’agent au point M-Pesa validait ou non cette transaction et les 2 parties (clients et commerçant) recevaient un SMS de validation ou de refus de transfert.
  • Enfin pour les personnes souhaitant transmettre de l’argent d’un mobile M-Pesa à un mobile en forfait M-Pesa ou non, le client M-Pesa rentrait simplement le numéro et le montant à transférer. Les 2 parties recevaient un SMS de validation de transfert.

 

Impact sur l’environnement micro-économique du pays

                 Figure 3 – Croissance de la tendance du mobile banking au Kenya

               Avec la croissance du nombre d’utilisateurs en téléphonie mobile de 4,5 millions en 2005 à plus de 20 millions en 2010 [13], l’influence de M-Pesa fut importante et permit une croissance organique de 900 000 souscripteurs et 1200 agents M-Pesa à son lancement en 2007 à presque 12 millions et 19 500 agents en 2010. Cela représente 30% de la population kényane, écrasant les 4.5 millions de clients d’institutions financières traditionnelles déjà existantes. [11, 14] En visant initialement les tranches de population éloignées des villes, on constate pourtant une utilisation importante dans des environnements urbains par des personnes ayant déjà accès à des services bancaires et dans des environnements urbains ou dans un périmètre de quelques kilomètres.

               Bien qu’une part non négligeable de la population appartenant à une classe peu aisée ou éloignée géographiquement utilise M-Pesa, nous serions en droit de nous questionner sur l’utilisation peu vertueuse d’un tel dispositif. Ne serait-ce qu’un outil financier de plus utilisé à mauvais escient ?

               La réponse est non. Pour cela, il faut revenir aux problématiques explicitées en introduction. En effet, pour nombre de pays africains, Kenya compris, la propriété d’un compte bancaire se révèle onéreuse du fait d’un capital déjà existant mais aussi et surtout de services bancaires et financiers coûteux, à la limite du prohibitif. Or, l’arrivée de M-Pesa en 2007 remet en cause les tarifications instaurées par les institutions financières traditionnelles, notamment les modalités de transfert de monnaie.

       Figure 4 – Adoption du M-Pesa selon les tranches de population au Kenya (2009)

               Fin 2003, les tarifications de transfert oscillaient entre 12 (MoneyGram) et 20 $ (Bank Wire Transfert), les plus faibles taux se situaient entre 3 et 6 $, [12] contre 0,12-0,15 $ par transaction proposé par M-Pesa. [15]

Figure 5 – Comparatif coûts de transfert avant et après l’apparition de M-Pesa

               L’introduction de ce nouvel entrant aux pratiques disruptives a contraint les principaux acteurs dans le domaine du transfert de fonds tel que Moneygram ou Western Union à diminuer drastiquement leur taxe sur les transferts, sans pour autant être compétitif face à M-Pesa. De plus, la moyenne des commissions sur la monnaie transférée (coût de transfert de la monnaie/montant envoyé) a chuté de 7% en 2003 à 3% en 2010. Cependant nous ne pensons pas que la baisse de ce dernier soit seulement le résultat de  l’entrée de M-Pesa. [12]

Figure 6 – Insertion des pratiques et services financiers au Kenya entre 2006 et 2016

               Ces modifications ont permis au Kenya de doper son économie. La valeur des transactions qui était de 0,17 % des banques de dépôt en 2003 est passée à 4,36 % en 2009 [16] avec un total de transaction annuel allant jusqu’à 43 % de PIB du Kenya. [17]

               Mais cette nouvelle méthode fut l’acteur principal de l’incorporation des services financiers (formel/standard ou non) auprès de la population kényane, permettant l’inversion des pratiques sociétales en termes financiers via une augmentation de 26,7 % d’accès aux services financiers en 2006 à 75,3 % en 2016. [18]

 

Un développement vers l’international avec de multiples produits

               Avec son influence dans l’environnement économique, Safaricom développa en partenariat avec Vodafone les services de M-Pesa pour lui permettre des transferts de monnaie à l’international (M-pesa IMT ou International Money Transfert product). Ces transferts promeuvent des services financiers entre le Kenya et le Royaume-Uni au moyen de partenariats avec des agents de transfert de monnaie internationaux comme Western Union ou Provident Capital.

               Ces services permettent des transferts max de 250 £ à n’importe quel moment, quand les utilisateurs britanniques ne peuvent transférer que 1000 £/mois. De plus, M-Pesa IMT propose des tarifications entre 4 et 6,90 £ pour des montants de transfert de 250 £, ce qui ne correspond qu’à 25-40% des charges de transferts d’acteurs traditionnels du secteur tel que Western Union. [11]

               Des services jusque dans les systèmes connus de transfert de monnaie aux Pesa-Points (réseaux indépendants d’ATMs) permettent aux utilisateurs de M-Pesa de retirer de l’argent aux bornes d’ATM grâce à leur portable et permet enfin à certaines tranches de la population kenyane de jouir de droits et de services financiers qui leur étaient inaccessibles jusqu’alors. Les banques commerciales furent opposées à l’entrée de M-Pesa et menacèrent le gouvernement de soumettre ce nouvel entrant et la branche du mobile banking aux régulations bancaires traditionnelles, en vain. [12, 19]

               Un tel succès a évidemment généré des partenariats entre M-Pesa et des acteurs traditionnels comme Equity Bank pour créer M-Kesho en 2010, pour subvenir aux besoins des personnes qui sans M-Pesa, n’auraient pas eu accès à d’autres services financiers (qui représentaient 1/3 des 9,5 millions de souscripteurs à M-Pesa). Cela permet de pallier à certaines limites de M-Pesa via un solde de compte illimité, des microcrédits, microassurances sur les accidents personnels qui peuvent se transformer en couvertures pleines au bout d’un an. Ce dernier dispositif fut essentiellement mis en place afin de venir en aide aux plus démunis. Le CGAP (Consultative Group to Assist the Poor) et le DFID (Department for International Development) du Royaume-Uni soutinrent cette cause et assistèrent financièrement Equity Bank dans cette démarche. [11]

 

Un inspirateur et une demande croissante, vers l’Afrique et au-delà ?

Un besoin mondial, des pays en voie de développement aux pays riches

En Afrique et au Moyen-Orient

               En 2008, devant le succès immédiat qu’a eu M-Pesa, la majeure partie des opérations cellulaires furent rassemblées sous une enseigne : Zain (opérateur koweïtien), qui opérait dans plus de 16 pays africains, totalisant 42,5 millions d’utilisateurs, créant ainsi le premier service mobile intercontinental entre le Moyen-Orient et l’Afrique. Il lança en 2009 son service de mobile banking ZAP en Afrique de l’Est en partenariat avec CitiBank et Standard Chartered Bank, permettant aux souscripteurs de payer pour des biens/services, de transférer de l’argent à des tiers et surtout de retirer des liquidités, service encore indisponible pour M-Pesa à ce moment. Ces nouveaux services permirent à Zain d’étendre son réseau de téléphonie jusqu’en Afrique de l’Ouest (Niger, Sierra Leone) optimisant les systèmes financiers locaux en partenariat avec les banques nationales, totalisant 150 millions d’utilisateurs de ces nouveaux services. [11, 20, 21]

Un phénomène semblable en Asie

               La mise en place du mobile Banking fut expérimentée à Mumbaï en Inde par la création d’une plateforme bancaire pour mobile par ALW (A Little World), mis en place en 2007 en partenariat avec l’organisation ZMF (Zero Microfinance and Savings Support Foundation). Sous l’impulsion de l’initiative d’inclusion financière de 2006 de la Banque de réserve de l’Inde, ALW a proposé sa nouvelle plateforme en partenariat avec la ZMF, jouant alors les rôles d’intermédiaires et d’agir comme des organismes à but non lucratif entre les communautés rurales, les institutions financières et le gouvernement. Le but fut de promouvoir les transactions et services bancaires dans les zones rurales du pays.

               La plateforme développée par ALW/ZMF permettait un service P2P (de particulier à particulier), avec la possibilité de déposer/retirer/transférer de l’argent via le mobile auprès d’institutions bancaires ou d’ATMs, faciliter les paiements de sécurité sociale et autres programmes visant le développement des villages, le tout électroniquement (appelé EBT ou Electronic Benefit Transfert). Ces EBT permirent le transfert de fonds pour divers types d’assurances, paiements de taxes, virements à professionnels ou particuliers, le tout assuré par le gouvernement via une sécurité, transparence du procédé, sans fuites de fonds. [22-24]

               En a alors résulté l’extension du réseau téléphonique et des services de ALW/ZMF sur 16 370 villages, soit 4 millions de souscripteurs, l’ouverture de comptes bancaires traditionnels pour 3 millions d’entre eux, atteignant 1,8 Md Rs. entre 2009 et 2010, avec des perspectives tenues de doublement des revenus (3,6 Md Rs.) pour environ 40 millions de clients enregistrés en 2010-2011. Il a aussi permis de limiter l’exode rural en favorisant les emplois locaux, et limiter le coût des transports de villageois vers les villes en favorisant les activités bancaires dans les bureaux de poste locaux. [23]

Une nouvelle vague possible en Amérique du Sud ?

Figure 7 – Évolution des transactions du mobile banking par type de transaction (en Md de transactions)

              Nous pourrions aussi nous pencher sur le cas brésilien. Nous constatons la croissance inextinguible avec une augmentation de 138%  des transactions financières effectuées par le mobile banking entre 2014 et 2015.

               Une diminution du nombre de distributeurs automatiques est enregistrée (181 000 en 2014 contre 178 000 en 2015), ainsi qu’une augmentation du E-commerce (35,8 en 2014 contre 41,3 Md BRL en 2015). Cela traduit une évolution des modes de consommation au Brésil, modifiant ainsi le schéma classique consumériste prônant un système fixe (ATM, banques, …) au profit de systèmes dématérialisés répondant aux besoins des consommateurs, plus mobiles, cherchant une disponibilité immédiate et une accessibilité totale des produits souhaités. Cette orientation dans l’utilisation du mobile banking comme plateforme convenue pour le E-commerce peut se confirmer par la rupture de ratio entre débit/crédit des transactions effectuées au cours des dernières années (de 3,5/3,5 en 2011 à 6,1/5,3 Md d’opération en 2015). [25]

        Figure 8 – Évolution des transactions financières au Brésil (en Md de transactions) et leur répartition sur les années

 

 

En Afrique comme ailleurs, des limites perceptibles…

Au travers de 4 générations de mobile banking, plusieurs modifications furent apportées : [18]

  • 1ère génération : Plateformes permettant des règlements et des paiements.
  • 2ème génération : Développement de comptes épargne et taux d’épargne pour produits bancaires simples.
  • 3ème génération : Utilisation de transactions et de sauvegardes de données pour générer des microcrédits et leurs valeurs.
  • 4ème génération : Transactions internationales, formalisation de ces fonds en suivant les directives de transfert de fonds des entreprises à travers le globe.

               Cependant, malgré les excellents résultats développés par ce nouveau mode économique, un manque cruel de partenariat se fait sentir, expliqué par une rigidité des acteurs traditionnels face à ces nouveaux entrants, car non préparés aux nouveaux modèles (micro-crédits, micro-assurances, comptes simplifiés …). Le coût des services encore élevés pour certains du fait d’un manque de transparence des tarifs liés à une concurrence restreinte, le manque d’interopérabilité entre produits mobiles et ceux traditionnels et l’accessibilité encore limitée sont des facteurs limitants actuellement l’avancée de cette FinTech. En cause, des services peu connus des habitants dus à un manque d’éducation économique à ce sujet, soutenus par un manque d’utilisation de ces services par les gouvernements (pas/peu de revenus digitalisés des salariés).

               Des opportunités pourraient être développées, le soutien d’une pénétration du mobile déjà forte dans les pays pauvres ou émergents pourrait être appuyé, quand la pénétration bancaire pourrait être réalisée via une extension de services financiers dans des relais postaux. [18]

               Cette activité des FinTechs reste encore balbutiante. Des domaines de recherche permettraient de consolider le développement des services financiers mobiles, tels que les mécanismes de garanties de dépôt de fond électroniques en fonds réels, les autorités de régulation et leurs structures, interopérabilité entre les services financiers basés sur la monnaie électronique. Ces points sont des exemples mais restent des cibles importantes tant les pays dans lesquelles elles ont été développées possèdent des lacunes structurelles à la résolution des problèmes énumérés ci-avant. [18]

               Malgré son orientation récente qui tend à le matérialiser comme une plateforme d’internet banking classique low-cost mais mobile à destination des particuliers dans le cas des pays riches, il apparaît comme la solution la plus simple et rapide pour structurer économiquement un pays sous-développé ou en développement.

               Le mobile banking n’aura peut-être pas de pérennité dans l’environnement global, car il semble destiné à diriger les particuliers dépourvus de capacités financières notables, mais au moins apporte-t-il sa brique à la construction d’un écosystème économique et au développement des réseaux financiers dans les pays émergents et sous-développés.


Références :

[1] W. Arner, J. Barberis, R. P. Buckley, The Evolution of FinTech: A New Post-Crisis Paradigm ?, 2015, The University of Hong Kong

[2] http://law.unimelb.edu.au/__data/assets/pdf_file/0011/1978256/D-Arner-FinTech-Evolution-Melbourne-June-2016.pdf

[3] http://lifesreda.com/MoneyOfTheFuture_1H2016.pdf

[4] Banking in sub-Saharan Africa, European Investment Bank, 2013

[5] IMF, 2012a, chpt 1

[6] Kimenyi, N. Ndungu, Expanding rhe Financial Services Frontier: Lessons From Mobile Phone Banking in Kenya, 2009

[7] Dovi, Boosting Domestic Savings in Africa, Vol. 22, N° 3, 2008

[8] Financial Access 2010, SSA Factsheet, CGAP-World Bank

[9] Hausman, Mobile phones in developing Countries, 2010

[10] World Telecommunication/ICT Indicators Database, 2010, 14th Ed.

[11] Ondiege, African Development Bank, 2010, Vol. 1, issue 8, 1-15

[12] Mbiti, D. N. Weil, Mobile banking : the impact of M-Pesa in Kenya, National bureau of Economic Research, 2011, NBER Working Paper Series

[13] Kenya, Economic Survey 2010

[14] Melida and Gates Foundation, Global Development Program, Financial Services for the Poor: Srategic Overview, 2010

[15] Melida and Gates Foundation, Global Development Program, 2010, ibid

[16] Kimenyi, N. Ndungu, Ibid, 2009

[17] http://www.forbes.com/sites/danielrunde/2015/08/12/m-pesa-and-the-rise-of-the-global-mobile-money-market/

[18] Consolidating Africa’s mobile banking revolution, Global economic governance programme, conference report, Oxford, UK, May 2016

[19] Njiraini, J. Anyanzwa, Unmasking the Storm Behing M-Pesa, East African Standard, 2008

[20] http://www.itp.net/578761-zain-targets-african-mobilecommerce

[21] http://www.itu.int/ITUD/ict/newslog/Zain+Launches+Zap+Mobile+Banking+Targets +100Mn+Customers.aspx

[22] Arora, A. Metz Cummings, A Little World: Facilitating Safe and Efficient M-Banking in Rural India, United Nations Development Programme (UNDP), 2010

[23] B. Arora, A. Metz Cummings, A Little World: Facilitating Safe and Efficient M-Banking in Rural India, Case summary, UNDP, 2010

[24] Inclusion et intégration financières à travers les paiements et transferts mobiles, Groupe de la Banque Africaine de Développement, 2012

[25] FEBRABAN 2015 Banking Technology Survey, Survey conducted by FEBARAN (The Brazilian Federation of Banks) and Deloitte, 2015

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Fabrice LEMARCHAND

Fabrice LEMARCHAND

Diplômé de l’École Nationale Supérieure de Chimie de Paris et de l'Université Pierre et Marie Curie (Paris 6), je manifeste un intérêt particulier au développement de l'innovation dans les environnements techniques/technologiques et structurels.

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