Gaz de schiste, énergie d’avenir ?


Des députés français ont déposé mardi 27 novembre 2012 une proposition de loi visant à interdire définitivement la recherche et l’exploitation des gaz de schiste. Les réserves sont pourtant estimées à environ 5 000 milliards de mètres cubes dans l’hexagone et entre 380 000 et 920 000 dans le monde selon l’AIE et IFP. Cela permettrait donc d’assurer pendant quelques décennies, l’indépendance énergétique de notre pays qui importe actuellement 98 % de son gaz et 99% de son pétrole.

Les écologistes sont fermement opposés à cette nouvelle source d’énergie car les méthodes actuelles d’extraction sont plus que néfastes pour la planète. Le gaz de schiste est contenu dans des roches situées à 2 000 m de profondeur, bien en dessous des réserves de pétrole. Son extraction est donc très compliquée.

La seule méthode utilisée actuellement dans les pays qui ont choisi cette alternative (Chine et Etats-Unis notamment) est la fracturation hydraulique ou « fracking ». Pour y parvenir, il est nécessaire de forer verticalement puis horizontalement sur une longueur de 1 à 2 km. De l’eau, du sable et des produits chimiques sont ensuite envoyés à haute pression dans les galeries pour fracturer la roche et ainsi libérer le gaz qui s’échappe vers le puit de forage.

Si le procédé est efficace, il a néanmoins des effets ravageurs pour l’environnement.

  • La quantité d’eau utilisée est phénoménale : entre 10 000 et 20 000 m3 par forage selon Total, soit l’équivalent de 7 piscines olympiques en moyenne. Néanmoins, cette eau est récupérée en partie pendant les premières années de production pour être recyclée et réutilisée.
  • Les composants chimiques ajoutés à l’eau sont pour la plupart cancérigènes pour l’homme ou considérés comme polluants atmosphériques dangereux, mais au mieux soumis à des réglementations strictes. Le rapport d’avril 2011 de la Commission américaine de l’Energie et du Commerce dénombre plus de 650 molécules dont le méthanol et le chrome hexavalent, tristement célèbre dans l’affaire Brockovich en Californie.

Ces dernières s’infiltrent dans les sols et polluent les nappes phréatiques, rendant évidemment l’eau impropre à la consommation pour les populations locales. De plus, l’air est contaminé par brumisation et dégazage des liquides de fracturation qui remontent à la surface.

Depuis quelques années, des études sont menées, principalement aux Etats-Unis et les résultats sont accablants. La fracturation hydraulique a sûrement fait des progrès depuis ses débuts, notamment en renforçant les normes de sécurité mais le constat est indéniable.

Les sociétés font tout pour que de nouvelles méthodes de fracturation voient le jour. Récemment, des chercheurs de l’université de Pau ont réussi à fissurer de la roche avec un arc électrique puissant. Il s’agit de la fracturation électrique. Une dernière est à l’étude actuellement et consiste à remplacer l’eau par de l’air comprimé. Tous ces procédés n’ont pas encore été testés sur le terrain.

Le chemin semble encore être long avant que la France n’autorise l’extraction de cette ressource précieuse. Les énergies renouvelables ne suffiront pas forcément à remplacer les énergies fossiles, qui sont vouées à disparaitre.

D’après la British Petroleum Statistical Review, la durée des réserves  répertoriées à ce jour seraient de 42 ans de pétrole et de 62 ans de gaz. La question du gaz de schiste animera donc les débats pendant encore quelques temps.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à regarder ces deux vidéos :

–       Capital Terre sur le Gaz de Schiste

–       France 24, gaz miracle mais à quel prix ?

 

Sources : Total, Commission de l’énergie et du Commerce, www.notre-planete.info, Challenges.

Crédits photos : Al GRANBERG

 

 

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