L’ humanoïde, cet innovateur !


RVB de baseEt s’il y avait synergie entre les nouvelles théories de management de la conception innovante et la gestion de la connaissance en intelligence artificielle ?

Bref panorama sur la robotique:

image1

C’est en 1921 dans une pièce de théâtre tchèque « R.U.R » que le terme robot apparaît pour la première fois (« robota » signifiant corvée), ensuite repris par les Fritz Lang et Asimov. La robotique actuelle peut se décomposer en deux grands courant: la robotique dites fonctionnelle, qui fait intervenir des robots dans les industries ayant pour vocation la réalisation de tâche en milieu contrôlé, et la robotique dite sociale visant à interagir avec l’ environnement humain. Le robot phare de cette robotique sociale étant le robot humanoïde. 

«La bipédie liée à la forme humanoïde est également la plus adaptée à notre environnement »

Bruno Bonnell / Chairman Robopolis

Jusqu’à présent, nous programmions les robots afin qu’ ils réalisent une tâche définie, dans un environnement connu. Aujourd’hui nous cherchons à programmer des robots qui réalisent des tâches définies dans un environnement inconnu. Le robot apprend à connaître son environnement.

D’ une fonction de production…

image2La robotique fonctionnelle existe par nécessité de production. Dans nos usines actuelles ces robots ont pour fonction de réaliser la tâche du travailleur à la chaîne. Pour concevoir un tel robot, nous avons observé le travailleur, systématisé sa fonction pour la traduire en algorithme programmable. Une fonction de production pour la réalisation de tâche à partir d’un set de connaissances identifiées.

tâche_réalisable= F(set_de_connaissances);

Autrement dit, la tâche n’est réalisée qu’à la condition que tous les facteurs de production soient connus.La robotique humanoïde, quant à elle, vise à rendre le robot susceptible de concevoir une instruction qui lui permet de s’ adapter à l’ inconnu. Une fonction de conception. Nombres de travaux de recherche en intelligence artificielle montrent la nécessité de la systématisation de cette notion chez l’homme.

La fonction de conception basée sur la gestion de la connaissance: 

trad. : « La thèse conclut sur des considérations relatives à la viabilité et l’importance d’une gestion explicite de la connaissance de l’agent, avec une réflexion sur les briques manquantes dans notre communauté de recherche à propos des « robots de niveau humains». » – [1]

…à une fonction de conception

Cette brique manquante de recherche sur le robot de niveau humain, cumulée avec la connaissance du processus d’implémentation d’algorithme en robotique fonctionnelle, indique alors que la problématique première est donc de systématiser la fonction de conception chez l’homme. Comment l’homme conçoit? Comment il gère ces connaissances? Comment innove-t-il?

Loin de l’ univers de la robotique, est née, en management, une théorie du raisonnement de la conception : la théorie C/K. [2] Elle définit la synergie entre l’espace des connaissances et celui des concepts/instructions. Il ne s’agit alors plus de considérer une tâche et un set de connaissances statiques, mais de considérer le tout comme deux ensembles dynamiques et interactifs.

Encart Machine Learning – entre management et IA 

image3Prenons l’exemple suivant: Kassé le robot sait courir. Il sait comment il court, à savoir que lors de la course, à un moment, ses deux pieds ne toucheront plus le sol. Kassé voit un trou. Courir comme il le fait le conduira à une chute dans le trou, il doit donc innover: la course qui permet de passer par–dessus un trou. Il règle alors les paramètres de sa course de telle sorte à optimiser le temps pendant lequel ses pieds ne touchent pas le sol. Il saute et passe le trou. Kassé par l’innovation réussi la tâche et augmente ses connaissances. Il s’ agit en fait ici d’ un raisonnement de machine Learning expliqué à travers la théorie de raisonnement C/K en management.

Synergie entre la robotique sociale et le management de l’innovation

Le robot social doit être capable de réagir à des situation inconnues, inédites. Autrement dit, comme nous êtres humains, il doit être capable d’innover.

La théorie du raisonnement de la conception, ou théorie C/K, offre une formalisation complète de la conception indépendamment de tout domaine de conception et explique l’ invention, la création et la découverte dans un même cadre, comme processus de conception.

La théorie C/K ne serait-elle pas alors le lien manquant à la naissance d’ une intelligence artificielle 2.0 ?

Note d’ouverture:

Aux fans des Čapek, Fritz Lang et Asimov, nous sommes encore plus proches des automates de l’horloge astronomique de Strasbourg que de Maria (cf. Fritz Lang : « Metropolis »). Quoique…


Bibliographie:

[1] Lemaignan S. : Grounding the interaction: knowledge management for interactive robots”, Technische Universität Munchen, Germany, 2012

[2] Lemasson, Weil, Hatchuel : « Strategic management of innovation and design » , Cambridge, UK, 2014

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Romain Gombert

Romain Gombert

Fan d’intelligence artificielle, d’objet connectés et de robotique, Romain Gombert, étudiant MTI, a obtenu un M2 international en “mechatronics systems for rehabilitation” à l’ université Paris 6, puis à travaillé dans une start-up Berlinoise pour un projet Européen dans lequel il travaillait en reconnaissance d’émotion à travers la voix. Il porte un grand intérêt quant à l’innovation en tant qu’axe stratégique pour le développement des technologies d’aide à l’amélioration du quotidien.

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