La médecine personnalisée, mieux vivre demain se prépare aujourd’hui


Entre questions éthiques, législatives et stratégiques, la médecine personnalisée intéresse de plus en plus d’acteurs dans un monde de plus en plus connecté

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Une partie de l’équipe du « Human Genome Project », consortium public international ayant permis de décoder le premier génome humain (source : yourgenome.org)

Lee Hood, inventeur du séquenceur automatique parle même de médecine P4 :

  • Prédictive : Chaque patient aura un traitement approprié et les effets secondaires diminueront fortement, cela permettra également aux centres de soins de réaliser d’importantes économies.
  • Préventive : Intervenir avant l’apparition des premiers symptômes maximise les chances de guérison, évite les soins inutiles et facilite le suivi du patient.
  • Personnalisée : le profil génétique et protéique du patient est pris en compte dans l’établissement du diagnostic et de son traitement.
  • Participative : le patient devient un acteur proactif de sa propre guérison et la collaboration entre les praticiens permet toujours plus de précision.

Alors qu’il avait fallu à l’époque plusieurs années et près de 2 milliards de dollars pour séquencer un génome, il suffit aujourd’hui de 1000 dollars et de quelques heures.

Comment ça marche ?

Concrètement, les mutations génétiques présentes en chacun d’entre nous peuvent nous prédisposer à des maladies, avec toujours un certain degré d’incertitude. De même, des bio-marqueurs (le plus souvent des protéines) peuvent permettre de confirmer ou d’infirmer des diagnostics.

Dans le cas de certaines maladies comme les cancers, le profilage génétique pourrait permettre de maitriser à terme le développement de la maladie ou des opérations préventives comme la mastectomie d’Angelina Jolie. Cela reste néanmoins une opération lourde et il n’est pas forcément souhaitable que cela devienne systématique, les risques de maladie étant liés non seulement au profil génétique mais également à l’environnement.

Qui s’y intéresse ?

Certaines entreprises ont bien compris le développement à venir de la médecine personnalisée. 23andme, l’entreprise la plus connue (fondée par la femme d’un des fondateurs de Google et rachetée par l’entreprise depuis) proposait aux particuliers d’étudier une partie de leur génome et de fournir ensuite un rapport complet sur les pathologies qui pourraient être développées.

Plus que l’activité de l’entreprise, sa méthodologie posait de sérieuses questions. Sur la fiabilité des résultats mais également sur l’idée même de ne pas passer par un médecin pour obtenir ce genre d’informations.

Depuis, la FDA (Food and Drugs Administration) a suspendu 23andme en Novembre 2013 avant de finalement donner son accord plus d’un an plus tard, cette fois seulement pour dépister le syndrome de Bloom.

Mais la médecine personnalisée n’attire pas que des nouveaux entrants. L’industrie pharmaceutique s’intéresse elle aussi à cette révolution. Aujourd’hui un certain nombre de patients ne répondent pas à certains traitements pour différentes raisons, l’analyse du profil génétique pourra à l’avenir permettre de proposer un traitement 100% personnalisé ce qui permettra également de réduire les coûts de traitements de nombreuses maladies.

Les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) s’intéressent aujourd’hui de très près à la médecine personnalisée. Pas étonnant lorsque l’on sait que ces entreprises (particulièrement Facebook et Google) ont fait de la revente des données personnelles leur modèle d’affaires. Là encore, la vigilance est de mise mais le cadre législatif français nous épargne pour le moment.

Le potentiel de la médecine personnalisée est donc particulièrement important mais pose un certain nombre de questions éthiques et législatives.

En France, la loi de bioéthique de 2004 stipule que « L’examen des caractéristiques génétiques d’une personne ne peut être entrepris qu’à des fins médicales ou de recherche scientifique » quand la CNIL se pose des questions sur l’hébergement de données aussi sensibles. D’autres développements tels que le séquençage prénatal posent également un certain nombre de questions sur l’avenir de l’humanité.

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La couverture du Time de Noël 2012

Le séquençage du génome ouvre donc la voie à de multiples développements en médecine, mais également en biologie, en nutrition ou plus fondamentalement, au vivant. Il appartient désormais aux acteurs mais aussi aux citoyens d’ouvrir la voie pour nous permettre d’être en meilleure santé dans un cadre éthique et législatif viable à long terme.

Un grand Merci au Docteur Claire Chevaleyre (voir son profil) pour son apport d’expertise et sa relecture sur cet article.  

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Mehdi El Afani

Mehdi El Afani

Etudiant en Management des Technologies et des Innovations à l’université Paris Dauphine. Ancien élève de Montpellier Business School et de l’Université de Stuttgart. Apprenti maker et geek dans l’âme, Passionné par l’écosystème startups en particulier hardware, la French tech, l’impression 3D, l’économie collaborative, prospectiviste à ses heures perdues.

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