L’Europe de 2015 : Une Europe baignée dans l’Innovation « Think Globally; Act Locally »


L’innovation

Protéger son innovation tout en l’ouvrant au monde : une subtilité de divulgation importante

Cultiver et orchestrer le développement économique des entreprises passe par la compétitivité. Cette phrase quelque que peu redondante de notre vocabulaire actuel, réutilisée récemment par Louis Gallois dans son rapport sur la compétitivité, témoigne de l’urgence de se différencier en optimisant la mise sur le marché de l’innovation.
Nous allons voir comment l’innovation doit être partagée entre le public et les entreprises par des actions collectives et comment la précipitation de mise sur le marché peut anéantir tous les efforts d’innovation consentis pour se différencier.
Attaquer un marché immature ou lancer un produit qui sera obsolète quand la concurrence arrivera à son tour est un risque auquel les entreprises sont confrontées. Une guerre de position donc entre pionnier et suiveur.

Où en est l’Europe dans la course à l’innovation ?

Entre pôle d’attractivité, d’excellence, de compétitivité, de recherche et de veille économique, l’Innovation s’étend, se partage, se modifie et se modélise. Tout le monde en parle, tout le monde souhaite augmenter les efforts d’innovation. Alors il est évident que cette innovation tant admirée par tous demande de sérieux investissements en R&D, eux-mêmes  freinés par la difficulté d’accès au crédit et au changement en interne. Comment gérer l’innovation ? Telle est la question stratégique des entreprises.
L’Europe consacre 2% de son PIB à la Recherche & Développement, les Etats-Unis 2,8% et le Japon lui 3,4%. Sachant que l’objectif est d’atteindre pour la France 3% de son PIB à l’horizon 2020.

L’investissement

L’investissement en R&D, encore et toujours, la condition pour sortir de la crise
62% des entrepreneurs, selon une étude de l’Ifop, se disent prêts à augmenter leur effort en R&D. Mais le financement est lourd malgré des tentatives de l’Union Européenne et des collectivités locales depuis des années pour relancer l’innovation. La réforme sur le CIR (Crédit Impôt Recherche) et les aides d’Oseo restent de belles preuves de solidarité fiscale comme levier à l’innovation, à la recherche et à l’actualisation de partenariats public/privé.

Des sources de coopération existent pour améliorer le financement de l’innovation à condition de mettre en synergie les compétences  des acteurs sur un même secteur d’activité. Entreprises, laboratoires publics, Start-up, PME et grands groupes doivent confronter leurs objectifs au sein des pôles de compétitivité. Même s’ il est certain que l’innovation collaborative peut avoir des limites. En effet imposer à des entreprises de secteurs similaires de travailler conjointement sur des problématiques identiques peut conduire à générer des fuites de savoir et de savoir-faire, détruisant tout sens de coopération et d’optimisation du partage au détriment de la concurrence.

 

L’international

Créativité et changement de mentalité : maîtres mots en ces temps de crise

Respect de l’environnement, réduction des coûts. Ce sont les besoins des clients et les contraintes technologiques et économiques du marché qui poussent à prendre de l’avance, à s’aventurer et à envisager ce monde autrement.
Einstein disait déjà que « les propriétés de la matière sont infinies, il faut les interroger sans cesse, sortir du cadre pour générer l’idée puis l’action nouvelle ». En somme, rester dans un état de veille créatif pour bâtir et s’imposer durablement  en étant celui qui renouvelle.

Encore faut-il changer les mentalités, l’obscurantisme et le pessimisme actuel des européens et plus particulièrement des français, les conduisant à rentrer dans un cercle vicieux sclérosé. « Les freins culturels restent un problème majeur et complexe dans notre pays » insiste Olivier Ferrarry. Comparer la recherche publique allemande à la française n’a aucun sens. Les allemands, du fait de l’ancienneté de leur pôle de compétitivité et de la taille de leur structure entrepreneuriale, savent communiquer sur l’utilité de la recherche publique auprès de leurs entreprises.

Mais au-delà de ce manque de communication évident en France sur les choix de structure organisationnel, il est essentiel d’intégrer la vision internationale au développement des entreprises françaises comme gage de performance. En comprenant que l’innovation est mondialisée et que pour rester compétitif il est fondamental d’avoir une alchimie internationale, la coopération intra-européenne et la multiplication des spécialisations territoriales doivent guider les objectifs de croissance de nos entreprises. Le tissu économique est fragilisé par le manque d’audace,  par les blocages réglementaires liés au coût élevé des brevets, par l’absence d’harmonisation juridique et fiscale et par la lenteur des processus de normalisation, contraignant beaucoup d’entreprises à ne pas agir par peur de tout perdre.

Allouer mieux ses ressources, maîtriser ses coûts, se différencier est important tout autant qu’ échelonner dans le temps sa quête de parts de marché à l’international. Sans oublier l’utilité pour les nations européennes de continuer à investir dans l’éducation, socle de l’économie utile à générer des compétences de grande qualité.

L’international est et doit être au cœur de l’entrepreneuriat, comme le souligne une enquête Ernst & Young de 2011 stipulant le fait que le développement international « avait tiré la croissance des entreprises dites « born global » à hauteur de 72%, contribuant à une amélioration de la profitabilité de 51% d’entre elles. Vecteur d’opportunités, la globalisation de l’économie peut se traduire pour ces entreprises pionnières du genre comme un nouveau souffle. Une quête de nouveau marché de niche pour conserver un équilibre « glocal »* (la globalocalisation consiste à « penser global et agir local »).

Entre protectionnisme et créativité

Nous avons vu que la créativité doit demeurer au cœur du développement des entreprises se traduisant par un meilleur accompagnement de la R&D et des transferts technologiques. Attirer des investissements en R&D, utiliser un langage commun européen au travers d’un brevet unitaire européen pour booster l’exportation des PME françaises semble être le prochain moteur à la relance européenne.
« Amener les découvertes sur le marché » propos tenu par la commissaire européenne, Nellie Kroes chargée de la Recherche et de l’Innovation lors du Prix de l’inventeur européen,  traduit bien la volonté d’accélérer le processus de diffusion de l’innovation comme outil de créativité garant de compétitivité et générateur de croissance à long terme.

 

Sources bibliographiques :
– « Entrepreneurs, Ernst & Young », Remise du prox de l’entrepreneur de l’année
– Nicole Bricq veut sortir le brevet unitaire européen de l’indifférence, La Tribune
– L’innovation, moteur de la relance en Europe, les Echos, Prix de l’inventeur européen de l’année
Commission Européenne, Service communautaire d’information sur la Recherche et le développement

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