[Le MTI en vadrouille] Visite d’Osiris, un réacteur nucléaire atypique !


Dans le cadre du Master MTI, les étudiants se chargent d’organiser des visites de sites technologiques ou innovants afin d’approfondir leurs connaissances des problématiques que rencontrent les professionnels sur le plan technologique, organisationnel et stratégique. Pour la promotion 2015-2016, le bal a été inauguré par la  visite de l’un des trois réacteurs nucléaires expérimentaux du CEA situé sur le campus de Saclay : Osiris.

Osiris, un réacteur expérimental

Le réacteur Osiris a été mis en service en 1966 et dispose d’une puissance thermique de 70 Megawatts, lorsque qu’un EPR produit 4 500 MW. Etant donné sa modeste taille, Osiris n’a pas pour vocation de créer de l’électricité mais plutôt de réaliser des expériences de recherche et de fournir des matériaux “dopés” (production de radio-éléments artificiels) pour des applications technologiques particulières. Ainsi, Osiris a servi aussi bien à réaliser des essais sur les combustibles et gaines de combustibles qui seront exploités plus tard dans des centrales EDF qu’à la production de radio-éléments utilisés pour de l’imagerie médicale par exemple.
Après avoir enfilé nos blouses vertes, dosimètre en poche, nous avons pu nous approcher à quelques mètres du coeur du réacteur. Ce dernier reste immergé sous l’eau (réacteur de type piscine) mais est facilement observable grâce à la transparence de l’eau. Nous observons également l’incroyable effet Tcherenkov, phénomène résultant de l’activité du coeur qui est à l’origine de la lumière bleue (voir image ci-dessous).Capture d’écran 2016-02-08 à 17.52.23

 

(Pour les scientifiques: L’effet Vavilov-Tcherenkov est un phénomène similaire à une onde de choc, produisant un flash de lumière lorsqu’une particule chargée se déplace dans un milieu diélectrique avec une vitesse supérieure à la vitesse de la lumière dans ce milieu.)

Enjeux stratégiques de la recherche nucléaire

Selon le CEA, “la question énergétique est un défi majeur pour l’avenir de la planète. En 2030, la demande énergétique à l’échelle mondiale aura doublé sous l’effet conjugué de l’augmentation de la population (9 à 10 milliards en 2050) et de la croissance des pays émergents. A l’heure où les ressources disponibles sont en voie de raréfaction et où il devient urgent d’engager une lutte efficace contre le changement climatique, le nucléaire apparaît comme une énergie pour l’avenir, aux côtés des énergies renouvelables. Ces nouveaux enjeux impliquent le développement de technologies innovantes et en rupture par rapport aux systèmes actuels, d’une part, dans le domaine de la fission nucléaire avec la conception de réacteurs de quatrième génération. D’autre part, et à plus long terme, dans le domaine de la fusion nucléaire avec la mise en œuvre de systèmes électrogènes.”

Les enjeux techniques et stratégiques sont donc considérables

L’excellence française en matière de nucléaire existe de longue date. Avec 11 réacteurs de recherche opérationnels, la France fait partie des 5 grands pays de la recherche nucléaire dans le monde et est en pointe sur les réacteurs de 4e génération. AREVA et EDF sont deux champions mondiaux tricolores du nucléaire :

  • EDF est le premier exploitant nucléaire au monde. Avec 72 GWe, ses capacités de production sont trois fois plus importantes que le second exploitant mondial, le russe Rosenergoatom.
  • AREVA est leader en extraction d’uranium et combustible, construction, recyclage et gestion des déchets radioactifs notamment.

La construction du remplaçant d’Osiris : le réacteur Jules Horowitz à Cadarache

Avec une mise en service envisagée pour 2020, le nouveau réacteur Jules Horowitz a pour objectif de pourvoir la France et l’Europe d’un outil moderne et flexible pour:

  • Améliorer la compétitivité et la durée de vie des réacteurs nucléaires en fonctionnement
  • Développer les performances des combustibles nucléaires des réacteurs de 3e génération comme le Réacteur pressurisé européen (EPR) ;
  • Développer de nouveaux matériaux et combustibles pour les réacteurs de 4e génération comme le projet ASTRID ;
  • Fiabiliser la fourniture en Europe de radioéléments pour le secteur médical.

Ce nouveau réacteur permettra de remplacer Osiris, qui a stoppé son activité au 31 décembre 2015. Jugé trop vieux par l’ASN1, il aura fonctionné pendant près de 50 ans.

En savoir plus sur les programmes de recherche du nucléaire du futur :
http://portail.cea.fr/70ans/Pages/innover-pour-demain/nucleaire-du-futur.aspx

Capture d’écran 2016-02-08 à 17.53.53

 

Merci à Claude DUBOIS et Francis VENTROUX du CEA  pour leur accueil et explications !

(1) ASN : Autorité de Sûreté Nucléaire

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Jérôme & Mickael Barth

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