Réformes structurelles : indispensables pour le retour d’une croissance forte et équilibrée


Selon la dernière édition du rapport Objectif croissance publié par l’OCDE, les réformes structurelles sont considérées comme un puissant instrument pour stimuler la croissance économique et créer des emplois.

Le rapport Objectif croissance évalue et compare les progrès réalisés par les pays dans la mise en œuvre des réformes structurelles depuis 2011 et propose des priorités de réforme afin de stimuler la croissance et l’emploi. Dans un premier temps, le rapport met en évidence que les réformes se sont accélérées principalement dans les pays les plus durement touchés par la crise (Espagne, Grèce, Irlande, Italie et Portugal). D’autre part, dans les pays dont le niveau de vie est plus élevé (USA, Norvège, et Suisse), les réformes préconisées n’ont pas beaucoup avancé.

Les réformes structurelles peuvent stimuler la croissance à long-terme et améliorer les niveaux de vie mais également soutenir la confiance et alléger la pression qui pèse sur les politiques monétaires et fiscales pour sécuriser la reprise, a déclaré M. Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE.

Le rapport a été présenté lors de la réunion des ministres des Finances du G20 les 15 et 16 février à Moscou.

Le chemin menant à une forte reprise reste parsemé d’embûches. Néanmoins les mesures prises en Europe et aux Etats-Unis permettent d’écarter la probabilité d’un scénario-catastrophe. Nous sommes arrivés à un stade où une action audacieuse et concertée pour parvenir à la bonne combinaison de politiques macroéconomiques et structurelles peuvent faire du scénario positif une réelle possibilité. M. Angel Gurría

D’après les auteurs du rapport, le plus grand défi auquel sont actuellement confrontés les pays membres de l’OCDE est d’affronter les conséquences de la crise sur le marché de l’emploi. Le rapport propose donc des recommandations à l’intention des gouvernements afin d’améliorer les politiques du marché du travail susceptibles de faciliter le retour à l’emploi des chômeurs.

En Europe, où le chômage demeure supérieur aux niveaux d’avant la crise, l’objectif est de réduire les obstacles à la création d’emplois, à l’embauche et à la mobilité des travailleurs, tout en renforçant les incitations à prendre un emploi.

En France, les principales propositions sont :

  • Réformer la protection du travail et renforcer les politiques actives du marché du travail.

Il est recommandé de réduire la protection des CDI (de prolonger la période d’essai, d’élargir la définition du licenciement économique, de raccourcir les procédures de licenciement, de réduire les obligations de reclassement), et de réformer les allocations chômages afin de s’assurer qu’elles soient généreuses à court-terme, et moins par la suite, tout en améliorant la formation professionnelle.

  • De déplacer les charges fiscales liées au travail. Une lourde imposition du travail compromet à la fois la demande et l’offre.

Il est recommandé de réduire les cotisations de sécurité sociale tout en réduisant les dépenses publiques.

  • D’améliorer l’équité et les résultats dans l’enseignement primaire et secondaire. Les résultats scolaires sont dans la moyenne de l’OCDE, mais la dispersion et l’impact du milieu socio-économique sont particulièrement grands.

Il est recommandé de combattre l’échec scolaire à un stade précoce, de limiter drastiquement le redoublement, et de développer un enseignement individualisé. Il est aussi impératif d’améliorer la formation des enseignants en mettant l’accent sur la transmission du savoir, et de renforcer les incitations pour attirer des enseignants de qualité dans les écoles défavorisées.

L’une des particularités de la nouvelle édition d’Objectif croissance est, qu’à côté des mesures recommandées pour accroître le PIB, elle étudie les effets secondaires potentiels de ces recommandations sur d’autres objectifs de l’action publique tels que la réduction des inégalités de revenu ou le respect de l’environnement.

Le rapport montre également que le transfert d’une partie de la charge fiscale du travail vers la consommation est bénéfique à la croissance mais risque de creuser les inégalités de revenus. Ces compromis entre les mesures doivent rester à l’esprit lors de l’élaboration des réformes pour la croissance.

Source:

http://www.oecd.org/eco/growth/going-for-growth-2013.htm

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