[Spécial Shanghai] Visite de Huawei et GSK


La journée du mercredi 09 avril a débuté au Sud de Shanghai où est implantée Huawei, entreprise chinoise leader dans la fourniture d’équipements de réseau. Le bâtiment est gigantesque, il mesure un km de long et héberge une petite dizaine de milliers de salariés. Nous avons été accueillis chaleureusement avec un bandeau de bienvenue puis dirigés vers les show-rooms du site. Des responsables R&D nous y ont exposé le fonctionnement des technologies Huawei, notamment la nouvelle solution d’interconnexion eLTE haut débit.

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Le Centre R&D de Huawei

Trois show-rooms nous ont été ouverts avant de nous conduire dans des bureaux pilote où les employés peuvent tester le système de cloud développé par Huawei et l’utiliser dans leurs tâches quotidiennes. Une conférence a ensuite été donnée par l’un des responsables du site, nous expliquant les différents types de marchés adressés : opérateurs leaders, professionnels industriels ou consommateurs individuels. Les tendances se dégageant pour les années à venir encouragent à poursuivre les investissements en R&D (10% du chiffre d’affaires) afin de développer des technologies qui permettront de répondre aux défis du futur : comment gérer le trafic dû à l’explosion du nombre de personnes mais aussi de machines connectées ?

Pour terminer, nous avons été invités à déjeuner dans l’une des nombreuses cantines où nous avons pu découvrir la logistique que l’immensité d’un tel site nécessite.

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Photo souvenir de la promotion offerte par Huawei

La journée s’est poursuivie par la visite d’un centre R&D de l’entreprise pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK). Nous y avons appris que la Chine dépense environ 5% de son PIB en santé. Le 12e plan quinquennal en matière de soutien à la R&D et à l’innovation a identifié le secteur du biomédical comme stratégique, parmi les 7 secteurs retenus, et le gouvernement chinois a doublé les fonds alloués au secteur pharmaceutique dans ce cadre, pour atteindre la somme de 6 milliards de dollars.

En Chine, 90% du chiffre d’affaires de GSK est généré par des médicaments développés avant 2008. Il existe donc un décalage pour l’innovation, dû en partie au « lag duration » pouvant atteindre plus de 10 ans, période pendant laquelle la population n’a pas accès à des médicaments disponibles depuis plus longtemps dans d’autres pays. Ce décalage s’explique également par le fait que les patients chinois ne peuvent être inclus dans les essais cliniques, à moins de retarder le programme global de développement de la molécule. Des programmes locaux sont donc lancés, mais ils démarrent plus tardivement et durent plus longtemps. La population chinoise commence à prendre conscience de ce retard d’accès aux soins, c’est pour cela que le gouvernement fait désormais de la santé une priorité stratégique.

D’un point de vue organisationnel, on assiste à une augmentation considérable de « joint ventures » entre grosses entreprises et plus petites PME locales, c’est le cas pour GSK. De plus, faire appel à d’autres types de ressources externes permet de mieux orienter le processus de prise de décision : « external intelligence to make better internal decisions ». De nombreux partenariats avec les meilleures universités du pays sont également développés, dans le but d’identifier des talents et recruter d’excellents chercheurs, eux-mêmes capables de mettre en place dans le futur les meilleurs partenariats possibles. Ce mécanisme ne fonctionne donc que si l’on investit et pense sur le long terme.

Le Centre R&D de GSK à Shanghai

Le Centre R&D de GSK à Shanghai

Le centre de R&D de Shanghai réalise l’intégralité des étapes de la découverte d’un médicament. Il met l’accent sur les processus qualité, notamment grâce à l’utilisation de cahiers de laboratoire électroniques qui permettent d’accélérer et optimiser les travaux de recherche. L’ambition de GSK est d’évoluer du « Made in China » vers le « Discovered in China », de la même façon que la Chine, à plus grande échelle, souhaite changer son étiquette de centre de production du monde pour celle de centre de R&D du monde. Le centre se démarque notamment par sa capacité à produire de la connaissance et il est le seul centre R&D pharmaceutique classé parmi les 50 premiers publieurs dans le journal « Nature » en Chine.

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Les autorités prennent alors conscience de la nécessité d’augmenter la qualité des produits et services chinois et durcissent graduellement les normes qui régissent les processus industriels. Contrairement à ce que laissent entendre les préjugés sur ce pays, les « good clinical practice » sont identiques à celles que les autres pays appliquent et il n’est ni plus facile ni moins cher d’obtenir une autorisation de mise sur le marché en Chine. Ceci est également valable pour les coûts de production : la Chine n’est plus un pays « low-cost ». Les entreprises n’ayant pas les moyens de s’adapter rapidement doivent envisager des partenariats et fusions afin de rester dans la course. Concernant l’émergence de la médecine personnalisée, de nombreuses plateformes dites pré-compétitives sont mutualisées avec d’autres industriels dans le but de développer des biomarqueurs permettant d’identifier des sous-populations répondantes ou non aux traitements qui seront mis sur le marché.

Les laboratoires de R&D nous ont été ouverts. Certains sont consacrés à des travaux sur des cellules souches (iPS), que les chercheurs différencient en cellules neuronales. Ceci est une très bonne alternative aux travaux menés sur l’animal car ils permettent de tester énormément de composés en une seule journée au lieu de quelques semaines.

La journée s’est terminée par un diner dans un petit restaurant typique fréquenté par quelques expatriés, non loin de « People’s square », la gigantesque place centrale de Shanghai. Nous nous y sommes régalés avec un bouillon de nouilles, du poulet aux cacahuètes, des beignets au porc et les célèbres raviolis remplis de soupe.

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