Véhicule du futur ou mobilité du futur ?


Mercedes A45 AMG : des performances record, une consommation mini.

Ces mots sont sur toutes les bouches : véhicules du futur. Mais qu’entend-on réellement par ce terme. Peut-on se limiter au terme d’automobile ? Les principaux défis autour de la mobilité du futur seront avant tout dans la définition du véhicule? Ces évolutions seront de trois ordres :

 

  • Développement des technologies thermiques
  • Développement de solutions alternatives
  • Recentrage vers une notion large de la mobilité

 

Avenir des véhicules thermiques

De nombreuses personnes étaient prêtes à signer l’arrêt de mort du moteur thermique. Dans la presse, dans les émissions spécialisées ou sur différents supports, le moteur thermique était qualifié d’obsolète et vieillissant !

À la vue des développements actuels et futurs, le moteur thermique prouve qu’il n’a pas encore consommé tout son combustible. Il suffit de voir Ford avec son moteur 1.0l Ecoboost, BMW et son turbo twinscroll, FIAT avec le Twinair, ou encore la nouvelle Mercedes Classe A développée par le préparateur AMG. Ce dernier véhicule possède des performances hors normes (350 ch, 5,1s au 0 à 100 km.h-1 comparable à une Porsche 911) avec une consommation de 5,9 L/100 km . Grâce aux avancées technologiques, comme les doubles turbo bas et haut régime, la suppression de l’arbre à cames et bien d’autres évolutions, le moteur thermique a encore un bel avenir devant lui.

De nouvelles entreprises se sont même lancées dans des défis d’envergure : les moteurs à compression variable et le moteur à cylindrée variable. La société MCE-5 pour Multi Cycle Engine 5 Parameters a eu besoin de 75 millions d’euros d’investissement avec un co-financement de l’État pour voir le jour. Pourquoi financer des recherches pour ne pas les utiliser ? C’est la raison pour laquelle le moteur thermique se développe toujours et n’a pas fini de faire parler de lui.

La voiture n’est pas prête à changer du tout au tout, comme l’environnement économique et social semble le sous entendre. À moyen terme, notre bonne vieille automobile thermique n’est pas prête de disparaître. Elle évolue juste en silence, sans que le consommateur ne se rende vraiment compte des changements et des ruptures qui se jouent sous son capot.

 

Les solutions alternatives

Avec Toyota, Peugeot, Renault et bien d’autres constructeurs, une révolution tente de se frayer un chemin au sein de nos foyers. Que les véhicules soient électriques, hybrides ou à hydrogène, il est facile de se rendre compte qu’aucune de ces technologies n’a encore fait ses preuves. Le meilleur compromis reste l’hybride, mais cette technologie ne solutionne pas le problème de dépendance aux énergies fossiles. Chaque constructeur prend un parti pris afin de faire fléchir le marché en sa faveur.

Les solutions viables de grandes envergures ne sont pas nombreuses et chaque technologie tente de faire ses gammes. Ces motorisations ne sont pour le moment que des technologies de substitution et non de remplacement. Tant que les performances et la mise en œuvre de ces nouvelles énergies ne seront pas au niveau des motorisations thermiques, aucune d’entre elles ne pourra s’imposer. Il faudra du temps pour que cette mise à niveau thermique, ces nouvelles énergies se fassent, alors que d’autres défis apparaissent en parallèle.

Nous pouvons nous demander si ces avancées ne sont pas une étape intermédiaire vers un nouveau mode de déplacement.

Le véhicule du futur, une nouvelle conception de la mobilité

Et si le véhicule de demain repensait entièrement nos attentes envers l’automobile ? Il ne faudrait plus raisonner en terme de véhicule mais en terme de mobilité. Les fondements du déplacement sont aujourd’hui remis en cause. Lorsque nous regardons la « Google Car » ou le DARPA challenge, il est aisé d’observer que la principale innovation latente est l’absence de conducteur. Le DARPA challenge (Defense Advanced Research Projects Agency, agence américaine de la défense) est une compétition qui récompense le meilleur véhicule sans pilote. Chaque année, les défis évoluent : traversée de 300 km de désert en moins de 10h ou encore parcours en ville avec obstacles représentatifs d’une situation en milieu urbain. Dans le même esprit, la « Google Car » a parcouru 500 000 km sans pilote et sans accident et a même obtenu une autorisation d’immatriculation dans plusieurs états américains. Les révolutions, dans un futur moins proche, ne seront plus sous le capot mais bien dans une révision des modes de déplacement.

La montée en puissance de l’auto partage et du co-voiturage démontre aussi que les véhicules particuliers ne seront peut-être plus d’actualité. Ce nouveau mode de consommation influe donc sur les développements en cours et à venir.

Il y a de plus en plus de véhicules qui circulent et de moins en moins d’endroits où ils sont les bienvenus. Il suffit de voir une ville comme Londres ou bien toutes les actions proposées par la ville de Paris. Nous sommes au début d’une nouvelle ère, où l’automobile devient un enjeu politique. Les projets à venir sont tous orientés vers une mobilité accrue, un gain d’espace et une non-possession du véhicule.

La société Induct System a développé une nouvelle voiture définit comme un smartphone à 4 roues: intelligente, de petite taille, rechargeable par induction, tableau de bord via smartphone… Ce qu’il faut retenir d’un tel projet, c’est le véhicule intelligent. C’est le cas de la Modulgo qui  illustre parfaitement ces objectifs de mobilité accrue et de gain d’espace grâce à sa taille (la même taille qu’une Smart tout en emportant quatre passagers) et par une caractéristique novatrice : le parking dense. Un parking dense correspond à la possibilité de garer des voitures de manière automatique (sans conducteurs) en collant les voitures les unes aux autres. Pas besoin d’espace pour garantir l’ouverture des portes vu que les Modulgo n’ont pas conducteur dans l’enceinte des parkings étudiés pour elles.

L’essor de la location (de véhicules ou même des batteries) nous permet d’envisager un avenir ou personne ne possèderait le véhicule en lui-même. La voiture devient alors un moyen d’aller d’un point A à un point B, accessible à tous, non polluant et fonctionnel. La notion de transport est entièrement revue.

Il faut changer notre vision de l’automobile. Bien évidemment, une poignée de voitures continueront de nous faire rêver, mais en étant réaliste, tous ces véhicules commencent à se démarquer de plus en plus.

Cet article est écrit par un passionné d’automobile, convaincu qu’il roulera indéfiniment dans des véhicules hautes performances, mais un sentiment est bien présent : n’ai-je pas un mode de pensée de dinosaure alors même que je n’ai pas passé les 30 ans ?

Si une réponse sur le sujet « Que sera le véhicule du futur ? » devait être mise en avant, avec les outils que nous avons aujourd’hui, nous nous dirigerions vers des véhicules autonomes (ou qui minimisent l’intervention de l’Homme), ultra-urbains, intelligents et partagés en dehors des villes, en oubliant les standards que nous connaissons aujourd’hui.

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